17 juin 2008
jeudi 5 juin...
Jeudi 5 juin au matin, je me lève et file sous la douche.
Aujourd’hui mon homme a un examen, il a son épreuve théorique pour devenir Boucher.
Sous ma douche, je découvre que je perds du sang, et là je panique, je dis quelque chose à Jacques? Je me tais pour qu’il passe son examen sereinement ?
Non, je ne peux pas le garder pour moi, on partage tout, je ne peux pas ne pas lui dire que notre bébé ne va pas tarder…
Je lui dis, je lui dis mon inquiétude, je lui dis qu’il ne s’inquiète pas, que ça travaille, mais qu’elle n’est pas encore là, qu’il peut aller à son examen l’esprit tranquille.
On prépare les enfants, le car de ramassage scolaire les récupère, Jacques part.
Ma maman est là.
Mais nous avons décidé de ne rien lui dire.
Le fait de savoir que je perds du sang ne ferait que l’inquiéter inutilement.
Je profites d’une de ces sorties cigarette pour appeler Véronique, la sage-femme qui nous suit pour cet accouchement à domicile.
Elle me rassure et me dit que je viens de perdre le bouchon muqueux, que le travail devrait commencer sous 24h.
Il est 8h10, j’appelle vite mon amoureux pour le rassurer.
La journée va se passer dans une douce torpeur.
Je me traîne, le bébé pèse, sa tête appuie.
Je préfère rester allongée jusqu’au retour de Jacques en fin de matinée.
Quand il arrive, je lui dis que ça travaille, mais pas de contraction.
Toute la journée, on va communiquer avec les yeux : « des contractions ? », « non rien... »
Et puis les enfants rentrent, il est 17h, le goûter est pris, les devoirs faits…
Arrive doucement l’heure du repas, je suis brassée.
Et là, d’un coup à 19h, la première contraction m’envahit.
Et la seconde arrive dans la foulée !
Ca risque d’aller vite, les contractions sont environs toutes les 3 minutes !
Je me contiens, enfin j’essaye.
Maman et Jacques couchent les enfants.
Je descends, je tourne, je vire, j’essaie de bien les vivre, mais elles sont tellement rapprochées que j’ai du mal à reprendre mes esprits entre chaque.
Il est 20h.
On s’apprête à appeler Véronique.
Le téléphone sonne, c’est elle qui vient aux nouvelles.
Jacques lui dit que j’ai des contractions régulières.
Je reprends l’appel, oui, elles sont régulières, et rapprochées, et oui, c’est le moment, ça ne devrait pas tarder.
Véronique me dit qu’elle repasse chez elle pour manger un morceau et arrive.
D’un seul coup les contractions deviennent insupportables !
Je décide de monter prendre une douche.
Monter les 2 étages m’est impossible, j’investi alors la douche des enfants.
L’eau me fait du bien mais m’insupporte en même temps.
Jacques me dit que Célie est inquiète, elle comprend que ça va venir, mais m’a vu passer et avoir mal.
Il faut que je redescende.
Une contraction super violente m’emporte.
C’est sûr, je n’y arriverais pas !
Jacques me rassure.
Il me dit que Véronique va arriver et va m’ausculter et m’annoncer que la naissance est proche.
Le téléphone sonne, maman décroche, je comprends vaguement que c’est Véronique qui vient aux nouvelles.
Il doit être 8h20.
Je descends.
Jacques rassure Célie et dis aux enfants de rester calmes, leur petite sœur va arrivée.
Maman est part là, je le sais, mais je ne vois rien.
Arrivée en bas, une nouvelle contraction dure, très dure, trop dure.
Je m’effondre à moitié.
Jacques est là, il me soutient.
J’ai besoin d’aller aux toilettes, une nouvelle douleur, ça va vite, je ne peux plus reprendre mon souffle.
Je viens de perdre quelque chose.
Je touche : LA TÊTE !!!
Je le dis à Jacques qui attrape un drap qui séchait sur l’étendage.
Je pousse une fois, la tête sort, Jacques met sa main sous la tête.
Une deuxième envie de pousser et Jacques récupère notre fille.
Ca y est, j’ai accouché, on a accouché.
Eléonore est née, vite, très vite.
Maman passe la tête par l’embrasure de la porte pour nous annoncer qu’elle monte pour nous laisser seuls.
Et crie : « mais vous êtes fous, tu es allée trop vite ma chérie ! »
Avec Jacques nous sommes entre rires et larmes.
Eléonore va bien, un peu emberlificotée, mais elle va bien.
1er pleur.
A l’étage, on entend des cris de joies : « Eléonore est née, Eléonore est née ! »
Jacques qui avait fait un bon feu et avait installé un fauteuil, m’accompagne.
Il faut qu’on se réchauffe, toutes les deux, en peau à peau.
Il est 20h30
Maman canalise les enfants et nettoie le champ de bataille.
Les enfants nous rejoignent.
Célie s’inquiète de l’absence de Véronique, on la rassure, on lui dit qu’elle va arrivée.
On montre le cordon aux enfants, Célie et Pierre se montrent curieux, Arsène est sonné et préfère retourner se coucher.
Jacques l’accompagne.
Véronique arrive.
Mon amoureux va à sa rencontre, et lui annonce la naissance.
Elle nous fait remarquer quelque chose qui nous chamboule un peu plus : le cordon bat encore, on le sent battre…
On décide alors de coucher les grands pour qu’ils n’assistent pas à la délivrance.
Le placenta sort d’un coup, entier.
Un accouchement rapide et sans problème, un vrai bonheur !
Après un long moment à profiter, à parler avec Véronique.
Elle ausculte Eléonore.
3kg290, notre plus petit bébé.
50cm.
Véronique me propose de m’accompagner pour une douche.
Je monte donc avec elle.
Pendant ce temps, Jacques met sa première couche et sa première tenue à notre 5ème merveille.
Après la douche, je descends et me réinstalle au coin du feu avec mon bébé.
Maman monte se coucher, elle nous laisse entre nous.
L’accouchement a fatigué Eléonore, la mise au sein n’est pas une évidence pour elle.
Mais tout se mettra au point dans la nuit.
Véronique partira vers 23h.
Nous montons nous coucher tous les 3.
Au petit matin, les enfants, et Louis qui ne l’avait pas encore vu, profitent de leur petite sœur avant une journée d’école.
La vie continue, la vie de famille ne s’est interrompue que brièvement, une vie à 7 commence.
20 avril 2008
La naissance d'un Roi ...
Le terme de la grossesse était le 1er avril 2008, ça faisait rire tout le monde, moi j'espérais qu'il arrive avant ... Un quatrième enfant, quatrième grossesse, passée à la maison à coudre et à couver (arrêt maladie car trop de contractions).
Les deux dernières semaines, je voyais régulièrement une sage-femme libérale, car nous voulions programmer un déclenchement de "convenance". En effet, nous habitons dans le sud et toute notre famille et nos ami(e)s sont en Normandie, Nord pas de Calais et Paris nous devons faire garder les 3 grands.
Mais à chaque rendez-vous les contractions se font rares et le col ne bouge pas.
Le 31 mars, je fais ma dernière visite. Col fermé. Je suis (encore) déçue, mes beaux-parents sont à la maison depuis 4 jours et doivent repartir dans 3 jours ... J'appelle mon gynéco qui contacte à son tour ma sage-femme. Ils décident de me donner rendez-vous à la clinique le lendemain matin pour un déclenchement, car même si le col n'est pas favorable, c'est un quatrième enfant et le déroulement des autres déclenchement prouvent que mon col peut très vite se modifier et j'accouche très rapidement.
Lendemain matin, le 1er avril, après avoir déposé des deux grands à l'école, on arrive à la clinique, formalités administratives effectuées, je vais en chambre de pré-travail.
La sage-femme qui m'accueille est douce mais très septique quant au déclenchement sur col non favorable. Elle craint un déclenchement avec gel sur le col ... et ça, elle comme nous, n'y sommes pas favorables.
On a un peu peur Petitmari et moi ...
Elle m'examine ... Dilatée à 3 doigts ! C'est un choc, je n'ai rien senti, pas trop de contractions ... mon Loulou m'a écoutée ! Je lui ai demandé de favoriser "notre" accouchement... Il viendra aujourd'hui.
Elle me demande si je veux laisser faire les choses ou si je veux accélerer le mouvement. Je suis pour la seconde option.
Monitoring pendant 30 mn, pas trop de contractions. Elle revient m'examiner, le col s'est encore ouvert, il est à plus de 4. Elle n'en revient pas !
On décide de poser la péridurale avant la perfusion d'ocytocine. C'est ma hantise, lors du précédent accouchement, l'anesthésiste m'a trituré le dos pendant 20 mn avant de la poser ! Là, l'anesthésiste (black) chante, il est doux, me décrit ce qu'il fait, plaisante pour me détendre ... un amour ! et en 5 mn c'est terminé !!!
Et là tout va vite : perf d'ocytocine, le col s'ouvre très vite encore. J'ai envie de pousser ... on change de position car le bébé semble souffrir des contractions, je suis sur le côté mais ça ne change rien, je reviens en position initiale.
Je ne suis plus trop lucide, comme à chaque accouchement, je suis centrée sur ce bébé qui descend, je dis à la sage-femme : "il s'en va, là !!! ". Elle me répond qu'elle est prête et que mon corps aussi et que c'est à moi de décider de pousser ou pas. J'y vais, il descend tout seul, sans trop pousser, mais remonte aussitôt. C'est dure, plus dure que les 3 autres ... ça bloque ... elle m'encourage, Petitmari aussi mais il est bouleversé. On a un fou rire ... on s'arrête. On reprend, je pousse fort fort fort ... elle voit la tête ... mais ... il y a quelque chose qui ne va pas ... il a sorti la main en même temps que le haut de sa tête et son coude gêne sa progression.
J'avais demandé avant l'accouchement de ne pas me faire d'épisio., c'est là que ma décision va être respectée : elle fera tout pour l'éviter et manipule le bébé pour nous épargner toute souffrance. Louis lui tient la main en même temps qu'elle l'aide à sortir ... l'émotion est à son comble ! Elle y arrive, Louis nait, il crie avant d'être complètement sorti, je n'ai pas eu d'épisio, et lui est en pleine forme.
Il est 12H09.
Il mesure 52.5 cm et pèse 3.760 kg ... il est tout grassouillet ! Mes autres enfants étaient tellement maigrichons et petits par rapport à lui ! Je l'attrape et le pose sur mon ventre, il se redresse sur ses avant bras et reste ainsi quelques minutes. On est tous émus ! Il restera en peau à peau pendant deux heures et tétera comme un chef !






